Conseils d’Yves Gingrass « Comment NE pas faire une communication scientifique »

Un noeud à la langueConseils d’Yves Gingrass « Comment ne pas faire une communication scientifique »

Ô combien de fois nous avons assisté à des conférences où, au moins, un des intervenants lisait son texte de A à Z sans lever la tête et se daigner regarder son auditoire. Des textes qui ressemblent à des vraies dissertations académiques, mais qui ne répondaient pas au « pacte de lecture » établi à partir de l’intitulé de l’exposé. C’est pour que nous ne reproduisons pas ces erreurs que le sociologue et historien des sciences, Yves Gingrass, s’est adressé à des doctorants au sein du CIRST, Université de Québec à Montréal et a livré quelques conseils. Yves Gingrass a traité deux aspects essentiels de la communication scientifique : les points techniques et le contenu. Je vous offre ici la synthèse de son exposé. Or, le lecteur remarquera que j’ai polarisé son discours et mis en valeur ce qu’il faut faire.

Les aspects techniques

1. Connaître le temps dont nous disposons pour présenter notre communication. En général, nous disposons de 20 min. Il faut s’y tenir absolument. Cette contrainte de temps a l’avantage de nous donner le cadre de notre exposé, car c’est en fonction du temps dont nous disposons, que nous devrons choisir le contenu et sa structure.

2. Tenir compte de notre audience. À qui parle-je ? Quelles compétences ont-ils ? Il est convenable de connaître à l’avance le public que nous aurons : spécialistes, non spécialistes, etc., afin d’adapter notre discours. Cela va de soi que le conférencier doit regarder son public et s’adresser à lui principalement.

3. Se servir correctement du contexte et outils environnementaux. Le conférencier dispose d’un micro, il doit parler devant lui et ne pas hésiter à le prendre s’il doit se lever pour pointer un support digital au tableau, par exemple, ou bien pour s’adresser à ses collègues de table. Le non-respect de ce conseil a comme conséquence des discours partiellement entendus. Il conseille également de ne pas se laisser distraire par les bruits, les personnes en mouvement ou un matériel défaillant.

4. Contrôler ses tics nerveux. Éviter de jouer avec le stylo ou des objets dans sa poche, ne pas balader son verre d’eau en parlant, etc.

Le contenu

1. Le plan de base pour un exposé de 20’ devrait comprendre :

a. Introduction (2’). Définition de la problématique, la question « pourquoi je travaille sur ce sujet ? », la bibliométrie – s’il y en a une. La méthode doit être évoquée très rapidement, il ne faut pas s’étaler car l’auditoire attend les résultats ou l’interprétation des résultats et des analyses.

b. Résultats, analyses (15’). Si l’on se sert d’un document Power Point – ou autre semblable – il faudrait respecter quelques impératifs afin de faciliter la visibilité: éviter les couleurs et privilégier la police noire sur fond blanc ; éviter la taille de police trop petite et les textes trop longs, le public doit voir le message, un graphique, une image, mais non les explications ; et surtout, ne pas inviter son public à lire les diapositives. Il est évident que par la limitation du temps les diapositives se limiteront à une dizaine.

c. Conclusion (3’). Une minute devrait suffire car elle suit naturellement le corps de l’exposé, puis au moment des questions du public, nous pouvons revenir sur certains points.

2. Le moment des questions (10’). Il ne considère pas convenable ni nécessaire de flatter le public avec des phrases : « c’est une très bonne question », « très intéressante cette question », Ne pas perdre du temps et aller à l’essentiel de notre réponse puisque nous disposons de 10’. Quant à l’auditeur qui pose une question en remarquant que nous n’avons pas parlé de certains aspects ou points, il conseille de lui faire comprendre que la limitation du temps impose le choix des points à traiter, mais qu’il peut poser une question concrète à laquelle nous répondrons. Yves Gingrass a une perception négative du public qui fait un résumé de l’exposé du conférencier avant de poser sa question.

Je reproduis ici quelques questions des doctorants présents dans la salle. Ils relèvent, je pense, des craintes communes à un moment donné 😉 :

Q1 : Comment répondre à une question impolie ? En feignant ne pas avoir entendu l’impolitesse et en répondant directement à la question. Yves Gingrass part du principe que la personne ayant commis l’impolitesse s’est ridiculisée devant l’auditoire, puis préconise d’éviter l’échange d’impertinences.

Q2 : Comment répondre à des « reproches » concernant des points non développés ? En évoquant la limitation du temps de l’exposé. Il faut échanger sur le contenu de l’exposé et savoir défendre son point de vue. Il y a des points très intéressants, pour lesquels nous ne sommes pas intéressés.

Q3 : Comment rendre accessible à l’auditoire un sujet s’il n’est pas spécialiste ? En évitant les acronymes, sigles et jargon ; en facilitant des analogies avec des termes et concepts familiers à un public plus large. La clé est de connaître en amont qui est l’auditoire afin d’adapter le discours.

À vous de juger de l’utilité de ces recommandations en fonction de votre expérience. Avez-vous d’autres conseils à donner à des conférenciers en herbe ?

Voici l’exposé d’Yves Gingrass :

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